La légende familiale raconte que j’ai insisté (avant l’heure prévue) pour aller voir ce qui se passait derrière les buissons : la cour de récréation faisait du bruit et me faisait envie.
Il paraîtrait qu’après cette première visite impromptue, j’ai réclamé de venir illico : mais ça n’était pas la rentrée, et je n’étais pas encore inscrite.
On ajoute (autre légende célèbre de mon histoire personnelle) (on en a tous : ce sont des petites anecdotes qui vous auréolent dès votre plus jeune âge d’une personnalité déjà en place, tellement vous, tellement unique) (c’est du même ordre que les légendes des débuts d’histoires d’amour, le fameux récit mythique qui fonde toute rencontre amoureuse, la magie des hasards merveilleux qui placent cette histoire au-dessus du reste, ces moments qu’on se raconte avec nostalgie et qui peuvent refaire briller les yeux d’un couple même 25 ans plus tard…)

Donc, petite, à peine 3 ans, enfin inscrite dans cette école où je voulais absolument aller, il se raconte qu’à l’heure de la sieste, j’aurais déclaré « je ne suis pas à l’école pour dormir » et j’aurais été exemptée de ce moment béni dans le dortoir… Cela expliquerait sans doute pourquoi, bien des années plus tard, je rattrapais les siestes perdues au fond de la classe à côté du radiateur.

Mais j’ai aimé l’école.
J’ai aimé certaines heures, les rencontres intellectuelles, les découvertes de l’Autre, les fous rires incontrôlables aussi.

Tellement aimé ça que depuis cette première rentrée à la maternelle, j’y suis allée non stop : lycée, fac, et puis formatrice… Ce qui donne globalement 37 rentrée des classes !

 Je n’irai pas à l’école cette année : je ne donne plus de cours.
Je vais tenter cette expérience dont je rêvais qui est de se lever le matin et d’écrire. Que l’écriture (qu’elle soit de rédactrice ou d’auteur) soit la seule activité. Et d’en vivre.
Dans un premier temps, je savoure la disparition des angoisses typiquement « rentrée ».
Dans un deuxième temps, il va falloir la discipline, le travail, et ne pas trop regarder du côté du vide, là où ça fout la trouille.

Mais pour l’instant, je retourne à la plage !

PS : Suite au conseil précédent concernant le roman L’histoire de l’amour que je n’avais pas terminé, je persiste et signe. Grand livre !

Rédigé par sophie

Auteure et rédactrice.

(12 commentaires)

  1. oui, oui enfin pour la petite légende…en terminale, tu te sentais mieux hors des murs que dans les murs de « l’école » !!

    1. Sur le vide, y’a une théorie qui circule en ce moment dans ma bande ;-) et qui a été initiée par mon frère amateur de physique quantique : le vide n’existerait pas, on aurait donné le nom de vide à cette chose qu’on ne sait pas nommer, on ne sait pas ce que c’est… sauf que cette « matière noire » (ou vide) disposerait d’une énergie au-delà de ce qu’on connaît. Ainsi, le vide serait une énergie phénoménale pleine d’inconnu… À méditer ;-)

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