Micro-fictions de FACTS

L’université de Bordeaux publie les micro-fictions de FACTS, sept histoires écrites par Sophie Poirier, inspirées de projets « arts et sciences ». À l’occasion de l’édition 2019 du festival FACTS, les textes sont diffusés en livres, lectures, affiches…

Les rencontres avec les artistes ou les chercheurs, et une, ont commencé fin 2019. La commande d’écriture portait d’abord sur les deux premières éditions, au sujet de créations issues de résidences « arts et sciences », approcher cette histoire commencée dans un labo et qui finissait sur une scène, sur un écran, en tout cas donnée en public ? Que se passait-il entre eux ? Comment se parlaient-ils ?
Devant le foisonnement des projets, on envisageait des thématiques – l’invisible, la relation homme-machine, l’immersion… – et puis, finalement, parler aussi des projets en cours, et puis sans thématique. Me voilà à écrire sur 7 projets choisis au milieu d’une longue liste : à cause d’un mot, d’une curiosité, d’un binôme féminin, d’une intrigue, du nom du labo, de l’endroit de recherche…
Le principe de la micro-fiction (les plus connues en tant que genre sont celles de Régis Jauffret, rassemblées en un seul énorme volume) permettait de se défaire du reportage, puisque nous étions avec des créations soit déjà produites, soit en cours de fabrication.

C’était à mon tour d’expérimenter : à la fois dans le passé présent et futur, faire de la littérature au milieu d’un programme arts et sciences, et finalement se fondre parfaitement dans le thème de l’édition Human reboot du festival.

Les sept titres sont mis en page et édités par L’Université de Bordeaux, pour une diffusion de livres offerts pendant la durée du festival FACTS.
L’édition des livres est « augmentée » de lectures et d’affiches.

Qui a le don d’invisibilité
Deux chapitres : une conversation avec Renaud Cojo se transforme en réflexion sur les sciences dures et la matière molle, sur la vitre opaque et le trouble ; et l’autre chapitre raconte la performance théâtrale Par la preuve que le réel n’existe pas conçue par Renaud Cojo dans le cadre de FACTS 2015.

PEUT-ÊTRE
J’ai visité le laboratoire en compagnie du chercheur anthropologue Francesco d’Errico. La danseuse Sylvie Balestra de la cie Sylex, lors de sa résidence au PACEA, tenait un journal de bord. C’est son journal qui m’a donné envie d’aller rencontrer le chercheur et de voir ce lieu. Il est question de langue dans les extraits du spectacle, et le chercheur avait cette caractéristique de parler 4 langues. Il m’a expliqué son travail et cette idée principale : comment la symbolique apparaît dans le cerveau de l’homme ?
Et puis, j’ai confondu les bâtiments B du campus. Alors, des langues à la préhistoire, j’ai perdu un peu la tête…

DANS LE BRUIT DE FOND
J’avais assisté à la présentation du travail, HEART, de Christophe Ruetsch. Depuis mon opération, j’avoue une attirance sur comment on parle du cœur. Cet artiste a imaginé un dispositif – avec le labo IHU Lyric et le doctorant Pierre Bour – qui permet d’écouter les battements de cœur de personnes, qui ont confié en même temps un récit sur la dernière fois que leur cœur a battu très fort. Il a aussi proposé une installation un soir dans le hall du TNBA pour les étudiants du CROUS. C’est cette scène – et des choses qu’il m’a racontées – qui ont inspiré ce texte : une montée, comme une célébration, au rythme des battements de cœur.

CE QU’ON TRAVERSE
J’ai marché avec Blandine Galtier, artiste-graveuse et Hélène Soulier paysagiste enseignante-chercheuse à l’ENSAP Bordeaux, au cœur de la friche de Cracovie, anciennement gare ferroviaire. Pour leur projet en cours, Archéologie du blanc, elles explorent chacune à leur manière cet espace devenu sauvage. La poésie de cette promenade m’a servi d’inspiration principale… Et aussi la lecture que j’avais faite de Nos cabanes de Marielle Macé.

La dérive et le désir
J’ai rencontré la chercheuse Nadia Sénéchal, océanographe au laboratoire EPOC, spécialisée dans les tempêtes et les vagues. Elle m’a parlé de son travail, et de la dérive des plages. Et puis, j’ai écouté le documentaire sonore d’Aline Pénitot, Oublier Moby Dick, diffusé sur France Culture. Mélanger ces deux moments a donné cette construction, comme si elles allaient chacune dérivant, l’une et l’autre, avant de se rejoindre, de l’une à l’autre, dans ce désir de création, Puissantes, une fiction sonore qu’elles fabriquent ensemble.

Le contraire des événements
J’ai rejoint le chercheur Clément Rossignol-Puech au labo I2M. Il m’a expliqué leur sujet concentré sur les nanoparticules. J’ai fait cette visite en compagnie d’Alain Glykos, écrivain et philosophe, qui a créé la chaire Art et Science à l’université de Bordeaux. La création commune, Le chant des nanos, avec le musicien Laurent Soulié et toute une équipe d’artistes, avait été montrée en 2015. Pour écrire la micro-fiction, je suis donc partie de cette rencontre au laboratoire, des échanges, et d’une scène devant un écran d’ordinateur. J’ai inventé, mélangé. Cela donne des scènes réelles et des répliques imaginaires… ou l’inverse.

À L’OEIL NU, RIEN
La danseuse Véronique Lamare a réalisé une vidéo que j’ai regardé sur son site. Elle présente le résultat d’une action commune avec du laboratoire. Filmée dans différentes positions et mouvements par une caméra infra-rouge, elle propose de rendre visible Cette part de beauté qui nous échappe. Mon texte est comme un chœur qui chante l’histoire d’un chercheur et d’une danseuse, qui dévoile le corps au milieu d’équations longues et sublimes.

Télécharger les micro-fictions pour les lire : ici sur le site de FACTS

 Programme : La comédienne et metteure en scène Sophie Robin, du collectif jesuisnoirdemonde, les met en voix seule ou avec la complicité des étudiants de l’Université.
Les 12, 13 et 14/11 à 18h : lecture des Micro-fictions par les étudiants dans les bibliothèques universitaires des 3 campus : Bordeaux Victoire (12/11), Talence (13/11), Pessac (14/11).
Le 19/11 à 19h30 : Impromptus, pour l’inauguration du festival, 2 micro-fictions lues par des étudiants dirigés par Sophie Robin.
21/11 : Sophie Robin lit l’ensemble des micro-fictions tout au long d’une journée professionnelle à la MÉCA (réservé aux participants)

Rédigé par sophie

Autrice et rédactrice.

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