Et maintenant on fait des petits cercles.

IMG_3401
la solitude dans la salle de gym

Il y a 2 mois, je me suis inscrite pour la première fois de mon existence dans une salle de gym.
Et de suite, dès le « RDV avec le coach » annoncé, j’ai senti qu’il y avait là matière à écrire…

J’avais rendez-vous avec un coach… ! En fait, il m’a fait pédaler et parler en même temps. Il m’a expliqué des mouvements à faire pour quand je venais toute seule, j’ai répondu « Oui, ok, je fais comme ça » et j’ai tout oublié derrière.

Le premier cours, j’ai adoré me voir en fille gauche. Elles sont toutes là, prêtes, à l’aise, assises sur les tapis bleus, leur serviette posée dessus, bouteilles d’eau à côté. J’ai oublié la serviette mais j’ai une bouteille (c’était écrit en gros sur la feuille d’inscription).
Forcément, toi tu débutes donc toi tu as toujours un temps de retard.
Il m’a fallu plusieurs cours pour arriver à gérer le sens dans lequel tu te mets, dans lequel tu te remets quand tu changes de côté, tout ça avec un miroir en face qui inverse tout… Il m’est donc arrivée de me retrouver seule dans un sens face aux visages souriants de toutes les autres : preuve que je m’étais gourée !

Alors, petit à petit, tu t’habitues, tu prends tes marques, tu passes de la fille maladroite à la fille sérieuse qui maîtrise la situation avec nonchalance. C’est affreux comme on se la pète dès qu’on prend un peu d’assurance.

Le coach (beau métier qu’il a ce monsieur muscles) nous dit des messages encourageants, et il compte d’une drôle de façon. Quand il approche de 1 (le dernier mouvement), il repart à 4.
J’adore quand il dit « Si vous avez mal, mesdames, c’est bon signe, faut pas s’arrêter ». J’adore le Mesdames, car oui, il n’y a que des filles à son cours. (Du coup, les hommes ont des gros pectoraux certes, mais des gros bides et des fesses molles) (c’est une attaque-défense que je fais là, pour lutter contre certaines inégalités et autres moqueries que j’entends d’ici, messieurs) (et pas de blagues lourdes sur ce qui est gros aussi chez l’homme dans les commentaires s’iouplé)

C’est un cours d’abdos-fessiers. La première fois, j’ai demandé où ça se situait dans le corps exactement l’abdo-fessier. On m’a répondu : « Y’a les abdos, là. Et puis les fessiers, là. » Ben, oui, évidemment. Mais j’étais un peu mal à l’aise et j’ai mélangé et j’ai cru qu’il y avait des choses comme ça que je ne connaissais pas et pour moi on allait travailler l’abdal-fessal, sorte de muscle unique en son genre.
Ne vous moquez pas, nous sommes tous l’idiot d’un autre.

Donc, pendant le cours, tu dois absolument passer au-delà du ridicule de la situation (mais y’a plein de moments comme ça dans la vie où faut pas regarder de trop près ce que tu es en train de faire. Quand t’accouches par exemple et que la sage-femme dit « poussez madame », faut pas rire, faut pousser).
Si tu t’observes lucidement, tu constates que tu es rouge, que tu as la dignité d’une grenouille, et que tu écoutes du R&B à fond en face d’un miroir : tu es devenue une femme qui fait de la gym dans une salle.

Mais tu découvres que tu as un abdo entre le nombril et la poitrine.
Mais tu savoures la perspective d’un corps plus ferme.
Mais surtout tu te délectes de toutes celles qui débutent après toi et qui posent les mêmes questions et qui ont le même air godiche que tu eus…

Pour l’instant, je maîtrise un cours par semaine (haaaann, ça suffit carrément pas… disent les pros).
Pour l’instant, je n’ai pas retenté l’expérience vélo (on dit cardio en langage abonné à la salle) car le moment de solitude a été plus éprouvant que le ¼ d’heure à pédaler (j’arrivais pas à lancer le programme, la selle était trop haute, et le type à côté de moi me lançait des explications télégraphiques de derrière ses écouteurs de MP3).
Pour l’instant, je vais à mon cours de gym avec mon petit sac jaune.
Je n’oublie plus ma serviette, je ne prends plus de bouteille d’eau parce que ça sert à rien (c’est juste une sorte d’accessoire en fait) et je me surprends moi-même !