Une autre façon de dire le nucléaire…

Parce qu’il y a le Japon, les medias se penchent sur le nucléaire. D’où un Envoyé Spécial hier soir qui diffuse un reportage sur « les invisibles », ces travailleurs du privé (sous-traitant d’EDF) qui assurent la maintenance des centrales.
D’où, très fort, le souvenir de cette lecture faite l’année dernière et
notée ici.

« Et puis, j’ai lu aussi La centrale d’Élisabeth Filhol. La couverture sévère de POL, le titre, le prix Télérama-france Culture, tout ça peut freiner celui qui aime la lecture légère… C’est la critique de Sylvie, Lectures et autres, qui m’a donné envie. Le livre pouvait voyager, je l’ai donc reçu dans ma boîte aux lettres.
Je l’ai lu avec une certaine gourmandise, oui. Là encore, une écriture très belle, très soignée. La centrale est nucléaire. Dans chacune, certains hommes qui y travaillent sont des travailleurs intérimaires, nomades, fragiles et courageux à la fois. Ils vont de site en site nettoyer les zones dangereuses. Ils ont une vie comme les cirques, caravanes qu’on partage pour se loger, un mois ici, un mois ailleurs. Ils ont un quota d’exposition aux ondes radioactives à ne pas dépasser, au-delà ils sont sans travail. Les paysages autour des centrales sont décrits avec beaucoup de poésie, qui révèle l’étrangeté d’espaces naturels avec ces usines inquiétantes au milieu.
On suit le parcours d’un travailleur, les autres autour, les questions sur la vie, une précarité ou une indifférence pour leurs conditions, et puis chaque centrale comme une étape surréaliste dans une existence fragile.
Très beau livre. »