Le film vu hier soir, ce film iranien La séparation, que j’ai regardé dans la Salle des fêtes du village, et pourtant en VO et à 4€ la place, avec un petit coussin sous les fesses parce que la chaise plastique de salle des fêtes c’est pas d’un grand confort, mais c’est une expérience que j’affectionne : traverser le village, le café proposé à 1€ par l’association, les Bonjour échangés avec d’autres habitants (il y avait un peu de monde hier soir, parfois on est 5), et puis après le film, ranger les chaises, partir vite pour retrouver la nuit dans les rues et le silence qu’on cherche après un tel film, 5 mn après être installés dans la cuisine avec un thé, en parler, de ce qu’on a vu, de la claque, des 2 heures qui sont passées vite, de cette société iranienne hystérisée par les frustrations, de ces gestes des femmes avec leurs voiles qu’elles enlèvent et remplacent par des plus longs selon la situation, comme certaines se replient à l’intérieur du tchador dès qu’elles se sentent coupables, de cet homme avec son père malade (la scène où il le lave et qu’il pleure, scène qui traverse les cultures, qui me traverse moi parce que j’ai connu ça, exactement ça, quand pendant qu’on fait les gestes de soigner on a le regard qui s’en va loin, qu’on retient l’envie de crier, qu’on continue à faire avec la douleur de la situation).

Je n’ai aucune références-connaissances sur l’Iran, je ne peux pas faire de critique strictement cinématographique sur ce film que j’ai regardé quasiment comme un documentaire… J’ai appris un peu plus sur cette société, sur la complexité des vies, sur les tiraillements insoutenables qui les habitent.

Je vous recommande.

 PS : J’ai terminé de lire Nina par hasard, de Michèle Lesbre, un très beau livre. Mon admiration pour cette auteur se consolide (lisez Sur le sable si ce n’est pas encore fait)

PS 2 : J’ai acheté le dernier Paul Auster à la libraire Actes Sud pendant que j’étais à Arles, un acte de fan absolue. J’ai constaté aussi que je parlais à voix basse dans la librairie, même à la caisse, un chuchotement d’au revoir… Impressionnable, moi ? À peine…

PS 3 : Si j’arrive à finir mon foutu manuscrit, je serai la plus heureuse du monde.

Rédigé par sophie

Auteure et rédactrice.

(2 commentaires)

    1. C’est vrai qu’en ce moment la vie est assez parfaite ;-) Je profite, sachant que l’éphémère est le postulat de base de nos existences… Et si ça peut aider à en motiver d’autres…

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