Être ou ne pas être bulot ? (3)

Je pensais hier : le bulot, quand même…

Pourquoi ça ? (Pourquoi maintenant ? Et où allez ?)(ceci est un réflexe : la chanson de Brel, il dit ça, les questions il les pose à la mort, c’est dans « J’arrive » qui est quand même une putain de chanson)
Alors Pourquoi le bulot dans nos têtes ?

Sans doute que la réponse est à chercher du côté de l’air du temps, une fatigue de soi, un épuisement du combat, et puis les épreuves tout le temps, fuck.
Mais le bulot, ça n’est pas que cette forme de renoncement ponctuel, loin de là.

D’abord, il y a ce chemin à faire pour Assumer qu’on bulote.
(et c’est un chemin qui n’est pas simple, puisqu’on va à contre-courant) (et pour un bulot, nager à contre-courant, ça tient de la mission quasi impossible puisque le bulot ne nage pas mais se laisse dériver là où les flots le portent)

Au début, cette dérive perturbe. Car on ne dérive pas impunément dans la société des requins. Ça ne se fait pas : pas bankable la dérive, trop flou, trop aléatoire, l’incertitude des flux, la paresse dans cette absence de mouvements et de directions, non, non, impensable pour le requin-marteau ! Aujourd’hui faut du précis, de l’objectif, du process à suivre, de la vision programmée !
Le bulot décide qu’il s’en fout. À un moment donné, il admet qu’il ne voit pas bien les perspectives, qu’il ne sait plus où il va, et surtout (c’est ça un bulot) (soyons fiers de nous) que ça n’a pas d’importance.

Donc le bulot flâne. Presque une errance. Un voyage sans carte. Avec des valises pleines. Au cas où…
(le bulot a des valises. Oui. Qui font sa richesse autant que ses faiblesses. Nous y reviendrons dans une autre chronique, car la spécificité du bulot c’est que toutes ses valises ne signifient pas qu’il est grand voyageur ou un explorateur intrépide, mais juste qu’il a une vie rangée là-dedans et le moindre de ses déplacements se fait avec. D’où parfois ce temps passé sans bouger. C’est lourd à porter, alors il attend le moment où ça s’allège un peu)

Immobile ou à la dérive, le bulot du jour apprécie de voir le ciel enfin bleu. Il se contente du peu d’un détail ;-)
C’est sa force.

Prochain épisode (période de fêtes oblige) : Le bulot n’est pas une huître !
Épisode précédent : Le bulot mystérieux…