Du storytelling dans la tragédie (2)

Suite à ce billet précédent où je parlais de storytelling et de la tragédie de Toulouse, je fais comme I-télé, je mets à jour en fonction de l’info ;-)

Ce matin, j’ai lu l’interview de Christian Salmon, interrogé par Marianne2, précisément sur le sujet : storytelling-campagne électorale-tragédie toulouse.
Je vous recommande de lire l’article tout entier.
J’ai noté ce passage, qui nous renvoie à notre responsabilité dans le fonctionnement du storytelling :
« Nous sommes tous des crapules romanesques comme le disait Pierre Michon. Nous feignons de nous intéresser au Chômage, à la Crise aux victimes du terrorisme, alors que alors que nous sommes assoiffés d’histoires, de héros et de méchants. Nous nous vautrons dans les feuilletons politiques qui n’ont d’autre but que de nous tenir en haleine. Nous exigeons du suspens, des coups de théâtre. Nous revendiquons notre part d’émotion. »

Et puis celui-ci :
« La soi disant suspension de la campagne est un acte performatif qui a permis de substituer au débat politique le monologue sarkozyste, la puissance de sidération des images, le feuilleton du vide télévisuel, la captation en boucle des attentions. »

*performatif = c’est quand les mots dits ont valeur d’action. Et les mots à ce moment-là se substituent à l’action, ou voudraient se substituer à l’action. Le dire, c’est donner à penser qu’on est déjà en train de le faire, et le mot peut parfois du coup remplacer l’action en elle-même. J’avais lu des choses intéressantes sur la parole performative de Nicolas Sarkozy, très adepte de cette forme de langage : les mots sont l’action, voudrait-il nous faire croire. Par exemple, « je te conseille » > c’est à la fois du langage et un acte…

*la photo en Une renvoie au travail de l’artiste Emilio Menchero