encore de l’animal dans les mots

Texte 8 ≈ Sortir du vide ≈ journal vrai/faux de Sophie Poirier ≈ Donc je serai désormais une chose fragile. Depuis des jours, je vis à l’envers. 


Donc je serai désormais une chose fragile.

Depuis des jours, je vis à l’envers. Le matin, je ferme les volets. Le soir, je les ouvre en grand. J’ai pensé au livre La Flèche du temps, de Martin Amis. Si tout se déroulait ainsi…

J’ai lu un article sur le stress, dans Libé. C’est écrit par un écrivain, c’est noté : « MATTHIEU JUNG Ecrivain ».
Du coup, j’ai fait des recherches parce que je ne connaissais pas du tout ce Jung-là. En survolant les liens Google, je lis en vrac que son resto préféré, c’est La Tartine dans le Marais, qu’il est interviewé par France Culture, qu’il est né à Nancy mais vit à Paris, qu’il est jeune et fringant, qu’il a écrit 3 romans dont Principe de précaution, qu’il avait déjà écrit un article dans Libé en mars 2009. Le mystère restera entier.
L’article se veut drôle, il l’est un peu. Mais pas trop quand même. Sérieux, on sent que c’est sérieux de faire rire. Sauf cette phrase que j’aime.
« Quand le stress frappe aussi les girafes, inutile de chercher un sens : il n’y en a plus. »
C’est la rentrée littéraire.

Cette nuit, j’ai fait un rêve où j’étais coiffée comme une princesse. Au réveil, dans la glace, j’ai trouvé que c’était raté.

J’ai rêvé aussi de cette phrase : « comme un ours en peluche éventré sur un carrelage de supermarché ».
J’espère que mon inconscient me compare, moi, à l’ours éventré… Sinon c’est que je suis en train de me transformer en écrivain à succès !


in Sortir du Vide