un auteur, c’est quelqu’un qui est capable d’écrire. point.

Texte 24 ≈ Sortir du vide ≈ journal vrai/faux de Sophie Poirier ≈ « Je dois respecter le contrat passé avec moi-même et venir écrire ici tous les jours. Considérons que c’est à ma table de cuisine, et que tel un auteur interviewé, je déclare : « oui, j’écris tous les matins quand je me lève. Il est 6h et j’aime le calme qui règne dans la maison. » (…)



Je dois respecter le contrat passé avec moi-même et venir écrire ici tous les jours. Considérons que c’est à ma table de cuisine, et que tel un auteur interviewé, je déclare : « oui, j’écris tous les matins quand je me lève. Il est 6h et j’aime le calme qui règne dans la maison. »

Il y en a eu des phrases extraordinaires cette dernière semaine.
Par exemple, celle ci : « Oublie le contexte… »
Ça sonne comme une invitation. C’est donc une phrase dangereuse.

Ou Anne-Laure qui explique le « prière d’insérer » d’Espèces d’espaces de Georges Pérec :

«L’espace de notre vie n’est ni construit, ni infini, ni homogène, ni isotrope. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça se coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça se cogne. »

Du coup, je cherche au sujet de ce livre. Je tombe sur cette citation :
« L’objet de ce livre n’est pas exactement le vide, ce serait plutôt ce qu’il y a autour, ou dedans. »

Il faut que je le lise.

Ce week-end, je n’étais tellement pas vide ! Quand Sophie R. lisait mon texte à voix haute, je m’écoutais. Je prenais du plaisir à m’entendre, ou disons que rien ne me gênait, que je trouvais ça écrit comme il faut que je l’écrive. Je ne me suis pas inquiétée du tout de ce qu’en pensaient les autres.
C’est nouveau.
Mais ça ne dure pas ces trucs-là.

J’ai oublié une phrase qu’on m’a dite samedi et qui m’a fait tellement rire. Je revois la scène et je n’ai plus le son.
Écrire ça, ça revient à écrire, pour ne rien dire, ni rire.

En attendant, prenons la posture « je suis assise à la table de ma cuisine, et j’aime le calme qui règne dans la maison… »


≈ in Sortir du Vide