Rapport d’étonnement (ou candide va à Metronum)

Je poursuis mon exploration des mondes numériques (parce que ça m’intrigue, parce que ça prend du pouvoir dans nos vies, parce que ça transforme(rait) (ra) notre quotidien, parce que ça utilise un langage étrange, parce que je cherche la poésie partout, parce que ça donne l’impression de fréquenter les futurs maîtres du monde, parce que je suis curieuse, parce que je cherche le sens) donc je vais assister à des trucs comme ça : Metro Num, la rencontre des services numériques urbains & territoriaux.

Autant vous le dire tout de suite, j’ai gravement sélectionné ce à quoi j’allais assister. Je n’appartiens pas du tout à ce milieu, je ne comprends pas la moitié des mots utilisés, et mon profil geek est assez limité. En fait, ce qui a attiré mon appétit au menu, c’est le titre de l’intervention programmée le vendredi à 11h30 : Rapport d’étonnement.

Si un jour vous voyez dans une librairie (ou dans un rayon d’ibooks) (parce que ça sera peut-être en 2025, et sans doute que deux ou trois trucs auront changé), donc si un jour vous voyez un livre qui a pour titre Rapport d’étonnement, vous saurez que j’en suis l’auteur… Je suis tombée en amour de cette expression.

J’ai demandé à mes amis initiés (ceux à qui je pose mes questions cons et qui répondent toujours fort gentiment) (pourtant dieu sait si parfois mes questions doivent leur paraître d’une bêtise confondante) (par exemple, pour vous montrer comme je suis pas très 2.0, en arrivant à ce rassemblement numérique, j’ai confondu l’heure de publication d’un twit avec l’heure d’une intervention. Carrément, j’ai posé la question à l’accueil, genre « je ne comprends pas, là vous dites 16h30, et là vous écrivez 11h22 ». Et oui, 11h22 pour un horaire de conf, ça ne m’a pas choqué. J’ai été dirigé jusqu’à l’auteur du twit qui m’a regardée avec compassion, et là j’ai compris toute seule avant même qu’il n’exprime une quelconque phrase de mépris, du genre qu’on réserve aux filles pathétiques comme moi, j’ai compris ma méprise. Et méprise est un mot gentil, je m’épargne.) (grand moment de solitude tout de même au royaume des connectés)

Donc mes amis m’ont expliqué qu’un rapport d’étonnement était « un outil managerial ou de veille stratégique assez classique qui demande à des observateurs experts de relever ce qui les surprend et les étonne et d’essayer de voir si parmi plusieurs étonnements ne passent pas une ou plusieurs droites de tendances. » Oui, c’est compliqué dans les cerveaux des numérique-men ;-)
Donc, on s’étonne, on le dit, et ça peut servir à préparer le programme de la prochaine rencontre.

C’est assez étrange en fait d’écouter quelqu’un s’étonner sur des choses qu’on n’a pas suivies précédemment. Sur mon cahier, j’ai noté :

  • Qui décide ?
  • Quand on parle du numérique, on utilise des mots à connotation négative comme tsunami, déferlante…
  • Éviter de construire la société des bastides numériques (c’est une question de remparts autour d’un territoire)
  • Contenus (j’ai souligné quasi rageusement) (je ne sais plus pourquoi) (mais j’imagine que ça a un lien avec l’importance des contenus)
  • Prendre de la hauteur (mais pourquoi j’ai écrit ça tout seul !) (peut-être que je m’adressais à moi-même)

Force est de constater que mes notes laconiques ne me permettent pas de faire aujourd’hui la moindre analyse intelligente… c’est malin.
Mais pour ma défense, j’avais l’impression d’être là comme un cheveu sur la soupe, c’était la première fois que je mettais mes lunettes en public, je restais contrariée par ma honte précédemment évoquée, et puis j’avais envie d’un café, je ne savais pas comment gérer avec juste deux mains l’iphone, l’étui à lunettes, le carnet, le stylo, mes 3 manteaux, les lunettes sur le nez pour écrire et les lunettes sur la tête pour voir l’écran au loin, j’étais pas à l’aise. Je remarquais qu’il y avait beaucoup de femmes présentes (ça m’a réconforté un peu, je me suis dit « enfin un lieu de pouvoir et d’innovation où les femmes sont bien représentées), j’avais envie d’aller voir la Garonne depuis la terrasse du Hangar 14 (on a quand même un joli paysage sous les yeux d’ici), que tous ces gens avaient l’air heureux de se rencontrer et qu’il y avait derrière moi des échanges passionnés.

Ah si, ça : j’ai relevé que pour les français (résultat d’une grande étude) parmi la liste des apports du numérique (par exemple, le numérique a des apports positifs pour la santé, la recherche, la communication…) eh bien, la démocratie arrive en dernier, et l’art avant-dernier. Et que, paradoxalement, les français trouvent à presque 70% que le numérique favorise l’expression des citoyens.
Démocratie Vs Expression des citoyens : ça n’aurait pas de lien direct ? Que les citoyens puissent s’exprimer, ça n’apporte rien à la démocratie ? Voilà qui m’étonna, moi, ce matin-là…

Là dessus, je quittais les lieux, convaincue surtout que je n’en avais pas fini avec les étonnements, qu’ils soient numériques ou pas ;-)