Lu hier un article dans Sud-Ouest au sujet de DSK et l’affaire du Carlton.
Avec une galerie de portraits des six témoins : « ambassadrices de la volupté » ou « péripatéticiennes », les mots dans l’article ne manquent pas pour les décrire…
Cette affaire (dont je ne connais pas vraiment les détails, car je m’en fous un peu, mais hier cet article a accroché mon regard de lectrice, toutes ces métaphores, toutes ces allusions, le romanesque qui transpire, ou qu’on fait transpirer) racontée ainsi devient de la machine à fantasmes, du produit type Hollywood, on bascule direct dans la brigade des mœurs version qui fascine.

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« On batifole au bord de piscines », lors de « parties fines », et DSK, le « french lover », « aurait été le seul participant à ces ébats à ignorer qu’il fréquentait des prostitués. » (ici, le mot est lâché, tel quel, on n’écrit pas pute parce que quand même, mais là, fini les périphrases, on ne tourne plus autour du pot : DSK fréquente des prostitués) (je poursuis la citation, vous allez voir, c’est délicieux…) « Tout simplement parce qu’occupé au sauvetage financier de la planète, il arrivait au dernier moment. Juste pour se délasser. » (hein, c’est savoureux quand même !)

Les jeunes femmes (« compagnes de plaisir ») sont décrites ainsi, à partir de leurs témoignages : Romantique : « À trois reprises, Jade s’est abandonnée dans ses bras. » Mystérieuse : « La fausse secrétaire » « vend ses charmes » Bien élevée et cultivée : une ancienne institutrice qui a des connaissances étonnantes en Histoire de l’art use aussi de « ses talents de professionnelle du sexe » Et puis Mounia, dans la rédemption : « Retirée du métier, » (du métier… quel métier ? Ah, le plus vieux du monde ?) donc « Retirée du métier, aujourd’hui elle porte le voile ».

Franchement, j’ai eu l’impression de lire un article de l’époque des Brigades du Tigre.

Je me suis demandée si une femme aurait usé du même langage pour écrire ce récit de « sauteries » dans le beau monde, je me suis demandée aussi si le journaliste n’en faisait pas un peu trop…
Je me suis demandée si tous les « sauveurs de planète » étaient résolument des queutards
.
Du coup, je me suis demandée si Superman allait aux putes.
Je me suis demandée aussi pourquoi ce type s’était laissé piéger à ce point-là et à ce moment-là de sa vie par ses pulsions. Je me suis demandée pourquoi les ingrédients des histoires étaient toujours les mêmes.
Et je me suis même demandée si le journaliste avait bandé en écrivant son article (au sens où il était content de lui, évidemment…)

Bref. DSK n’était pas malin du tout. (je ne sais pas si ça nous aurait fait un bon président un crédule pareil) Et la presse ne l’est pas toujours non plus.

Rien de nouveau donc au royaume du Carlton…

Rédigé par sophie

Auteure et rédactrice.

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