c’est mal d’ouvrir le dimanche mais parfois je ne suis pas intègre

Texte 18 ≈ Sortir du vide ≈ journal vrai/faux de Sophie Poirier ≈ Maintenant, quand on entre à la Fnac, on tombe sur du matériel de cuisine. (…)


Maintenant, quand on entre à la Fnac, on tombe sur du matériel de cuisine. On appelle ça « se diversifier ». L’agitateur culturel des années 80 a perdu de son panache.

Toujours là, dans le rayon Informatique, j’annonce à quelqu’un qui me dit « embrasse ton père de ma part » qu’il est mort.
J’ai prononcé cette phrase stupide, parce que je ne comprenais pas bien, il semble qu’en effet elle ne le sait pas, alors je dis : « Je l’aurais embrassé volontiers de ta part, mais c’est impossible, parce qu’il est mort. »
Ses yeux humides me touchent. Elle dit qu’elle a toujours une aquarelle de lui accrochée dans son salon. Qu’ils pensent à lui souvent. Que… On ne sait plus trop quoi ajouter.
C’est étrange, parce que depuis quelques jours, j’ai très envie de le voir .

Toujours à la Fnac, je cherche un livre. Après l’angoisse du vide, me voilà avec le vertige du plein. Pour la première fois, tous ces livres me donnent le tournis. Suis-je en train de faire une crise de littérature ?

J’ai lu beaucoup de quatrièmes de couverture. J’ai acheté un polar.
Et un roman « rentrée littéraire » de Mathieu Larnaudie : Acharnement. Le titre est très bien.


in Sortir du Vide