MA DÉCLARATION D’URBANISME

Quelquefois, ça fait cet effet.
Cela tient à des petites choses de rien : faire du vélo dans la ville et on a ce sentiment de liberté un peu idiot qui tient à une vitesse très relative ; le soleil doux des fins septembre – un mélange du plaisir encore vif de l’été et le début de la mélancolie à cause de la fin ; quelque part dans l’air du côté de la Garonne il y a la mer aussi, on a envie de se baigner, on se souvient qu’il y a peu on faisait ça, se baigner, plonger sous les vagues, nager dans les piscines ; les jambes sont nues, plus pour longtemps ; le ciel est large, avec des nuages bien dessinés, dodus, pas menaçants, on y voit loin, l’horizon semble sans fin ; et puis les amis, on pense à eux ; les projets, faire et défaire, refaire les rêves, se remettre en action ; les peurs et les malentendus… bah on s’en fout un peu, ça n’a pas tellement d’importance…

Je suis là et là sur mon vélo, on dirait que je vais à toute allure, et je ressens ce truc qu’on appelle Le sentiment océanique : je fais partie de ce tout, de ça, de cette ville-là qui m’englobe, que j’aime en entier, à cet instant je l’aime absolument en entier, j’aime parfaitement tout, avec moi dedans, comme ça.

Ça dure quelques minutes, c’est plus ou moins furtif.

Je ne suis pas gnan gnan.
Depuis l’ouverture-aventure, je vis des moments comme ça. Hyper intenses.
Si je les racontais tous, ça vous ferait bien marrer : « ah la poirier, elle est trop baba cool maintenant… »

N’empêche, j’aime bien quand ça vibre partout à l’intérieur de moi.

sculpture (Agora) sur miroir d’eau