40 000 exemplaires achetés le premier jour. Le premier tirage effectué est de 650 000 exemplaires. Dans le monde, 40 millions de livres déjà vendus. Ça s’appelle in french « 50 nuances de Grey » et on dirait un sous-titre pour vernis à ongles.
Voici mes c
ommentaires très personnels après lecture de l’article sur le site d’Actualitté.

« Soft porn », « C’est une histoire d’amour » : je pense que si on enlevait le sentiment de culpabilité aux femmes, le monde deviendrait absolument pornographique.
La preuve : + 500% pour les ventes de cravaches dans le pays où paraît le livre-phénomène.
(ça je l’ai lu la semaine dernière dans une presse genre Le parisien) (j’ai retenu, parce que oui, c’est le genre d’info que tu lis pas souvent, que le chiffre est rond et spectaculaire, et que même si c’est pas tout à fait vrai, ça participe bien au storytelling de la parution) (comme la phrase en fin d’article qui décrit « ces jeunes filles dans le métro que l’on voit lire le fameux roman ») (n’est-ce pas excitant cette transgression de la jeune fille qui lit ouvertement – dans le métro, c’est de l’espace hyper public – une chose aussi « soft porn mais quand même ! »)

Écrire un livre qui érotise-émoustille-sextoyise- softSM.ise la planète, écrire un livre tornade qui donne le rouge aux joues et le feu aux fesses de 40 millions d’individus, écrire un divertissement cochon qui relance l’économie du livre tout en stimulant les ventes de fouets et autres ustensiles de cuisine : même si c’est mauvais ( du point de vue de LA Littérature), soulignons que c’est drôlement bien joué/fait.

La pulsion scopique enclenchée : j’ai (tu as, nous avons, elles ont) envie d’aller voir dans le secret des pages et de regarder par le trou de la serrure.

Je peux même me cacher derrière la notion de « c’est par simple curiosité… » – Ah ! Ah ! Comme si la curiosité ne menait pas tout droit vers le territoire des interdits.

Je peux dire que C’est pour me renseigner : après tout, c’est mon métier l’écriture !

Je peux dire ce que je veux : l’effet « phénomène » nous donne toutes les autorisations…

Ferai-je ici un compte-rendu de lecture ? Vais-je basculer à mon tour et courir acheter une cravache ? À laquelle de mes copines vais-je l’offrir avec un sourire entendu ? Sous quel pseudo vais-je écrire les « 1000 nuances de roses sur les fesses » ?

à suivre…

Rédigé par sophie

Auteure et rédactrice.

(6 commentaires)

  1. « le rouge aux joues et le feu aux fesses »…..!! J’adore !
    Je partage ton point de vue sur ce phénomène (donc plus médiatique que littéraire…) mais je préfère que tu m’en offres un autre, même avec un sourire entendu ! ;-)
    Je me souviens par contre de mes premiers émois avec la lecture de la bicyclette bleue.,.., on est loin !

  2. Dans le métro ou ailleurs, relisons plutôt Sade, Crébillon fils, Calaferte ou San Antonio… Même par curiosité ce truc ne m’attire pas. Accessoirement deux remarques :
    – le mot « nuances » dans le titre m’a l’air assez paradoxal
    – je serais tout de même curieuse de connaître l’état du marché de la cravache dans l’absolu et pas en % d’évolution… le marché n’était sûrement pas très mature pour croitre de 500%

    1. cécile, je ne suis pas assez calée en économie de la cravache (en éco tout court d’ailleurs) pour répondre à ton interrogation d’un marché mature ou pas mature… ;-) (est-ce que ça veut dire qu’il s’en vendait 3 ou 4 et tout à coup 500 ?)

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