Les citoyens, l’étincelle et les concerts (2)

Rappel : Nous sommes au Festival Ocean Climax, au coeur de Darwin. Le jour : conférences. Le soir : concerts et foodtrucks. Tout le temps : arts et skate.
ÉTONNEMENT N°2

La conférence Talks 2 portait sur les Énergies renouvelables et le citoyen dans tout ça.
(LIRE L’ÉTONNEMENT 1)

Le deuxième temps de cette conférence posait la question :  Les citoyens sont-ils des vrais moteurs ?
Par exemple,
comment faire ce lien entre l’ER & le territoire ? Sachant qu’ un nouveau projet d’ER (en moyenne 10 ans pour se mettre en place) c’est quelque chose de très encadré, qui s’inscrit dans un processus normatif, très bordé.

Comment atteindre le stade de la conviction (la sienne) et comment aider l’autre à l’atteindre ?
La gradation serait la suivante : La sensibilisation, puis se sentir concerné, puis être convaincu.
Pour ce qui est de la conviction, l’intervenant précise qu’on n’y est pas encore : « Pas assez »
À ce stade – celui du développement des énergies renouvelables -, l’enjeu n’est pas encore perçu assez fort dans la population…

Le représentant de Greenpeace explique : « Il faut que les gens comprennent qu’on ne va pas abandonner les énergies fossiles pour vivre dans le vide… mais dans le mieux vivre. Longtemps, dit-il, on était contre le nucléaire, parce qu’on s’alarmait à juste titre mais sans avoir les solutions pour le remplacer. Le contexte a changé : on ne s’est jamais posé autant de questions sur le nucléaire en 60 ans que maintenant. Et pourtant, ajoute-t-il, le citoyen n’est toujours pas consulté. »(exemple de Blaye : Qu’est-ce qu’on en sait exactement ? Qu’est-ce qu’on en pense ? Personne ne nous demande jamais rien à ce sujet…)

La mission de Greenpeace : convaincre le plus grand nombre qu’il y a des solutions.
Ça passe par la mobilisation, évidemment aussi par la rencontre avec les politiques (lobbying et plaidoyers), rencontre avec les entreprises et aussi par l’importance de valoriser les bonnes pratiques. Et la désobéissance civile si l’intérêt général le commande. Alors là, on s’autorise l’illégalité : « On n’a plus le temps d’attendre qu’on nous donne des rdv. Il faut forcer les choses ».
Applaudissements !

Ensuite, l’exemple de l’association Bloom et sa victoire sur « le chalutage en eaux profondes » : la sensibilisation et la pétition ont été fortement soutenues par la BD de Pénélope Bagieu.
Il insiste sur notre rôle et notre pouvoir de consommateur : ça remonte et ça finit par avoir un impact. Comme la gouvernance nous échappe, la seule pression est celle de l’acte d’achat.

Au sujet des éoliennes : Pour que le parc d’éolienne soit accepté, il ne faut surtout pas évacuer la question du paysage… L’enjeu serait plutôt : « Comment on rend la machine en place plus efficace au lieu de multiplier le nombre de poteaux ? »
Il ressort une vraie demande de la part des citoyens : apprenez-nous à faire les choses ensemble.
Le défi est là : apprendre à travailler ensemble, faire partie du collectif, en être et comment le faire.
[ Il me semble que c’est une des idées les plus importantes à retenir ici, cette nécessité de l’apprentissage : pour apprendre à « sortir de l’individualisme ». Si certains ont cette fibre, reçu une éducation à, ou l’expérience de la vie associative ; d’autres pas… Au-delà du désir de participer, il y a comment on fait. Ma propre expérience au sein d’une coopérative m’a démontré ça : le collectif, la solidarité, etc, ça ne va pas de soi, réellement on doit se former à ça.
J’ai toujours en tête cette phrase de Jacques LePriol dans une conférence sur les SCOP : « Quelle partie de soi on est prêt à abandonner pour donner aux autres, au projet, au collectif, etc ? »]
Edgar Morin
le dira lui aussi samedi dans son grand discours-appel : le « nous » diminue… Alors on doit apprendre le collectif. Et l’apprendre aux autres.

Pour favoriser l’acceptation des choses nouvelles (énergies renouvelables par exemple) les porteurs de projets ont une grande responsabilité dans leurs choix.
Mais chacun porte cette force, La force aussi de notre présence aux choses.
Par exemple, on peut questionner sa banque : « Vous faites quoi comme investissement avec mon argent ? »
Commençons déjà par poser des questions. Vouloir savoir : ça diffuse de nouvelles idées et pratiques.

Et aussi : Moi je bouge mais si les autres, non, alors est-ce que ça sert à quelque chose ?
Il rappelle que nous sommes de plus en plus nombreux… que la dynamique est celle d’une multiplication.
Positif : On ne voit pas tout ce qui pousse.
Désolé : Plus ça va, hélas, et plus les conséquences négatives du réchauffement climatique sont incarnées. Est-ce qu’on ira assez vite ou pas ?
INFO : Le 24 septembre, journée de la transition écologique.

Des trucs à dire aux politiques en 30 secondes : Vu la capacité de nuisance des politiques/ des décideurs : desserrez plutôt l’étau et soutenez ! Écoutez-nous Ouvrez les yeux Soyez cohérents On peut construire l’industrie française Vu que vos décisions sont tout le temps mauvaise, alors arrêtez d’en prendre Le niveau politique est assez bas  C’est possible, on sait faire  L’océan, pièce cruciale d’un monde plus juste…

Expression écolo : On ne dit plus « crier au loup », mais plutôt « crier à la truite ».

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Le soir revient le temps fort de l’OCEAN CLIMAX FESTIVAL.
Les milliers de festivaliers envahissent le fond de la caserne Niel pour les concerts. Les groupes se succèdent. Je sais que c’est le principe d’un festival cet enchainement rapide, de groupe en groupe, de scène 1 en scène 2, moi je trouve que ça fait un peu trop consommation de musique… La question du rythme pourrait se poser, avoir le temps, mais bon, c’est climax, c’est du temps fort, les gens vivent comme ça maintenant, j’ai lu des trucs là-dessus, sur l’intensité, qu’on recherche ça, vivre intensément.
Alors, on passe d’une scène à l’autre, pas de temps mort que du temps fort.
Je m’étonne que rien ne déborde, qu’il n’y ait pas un groupe pris au jeu et qui oublie l’heure, et qui reste sur scène un peu plus que prévu…  J’ai lu qu’on comparait Ocean Climax à Woodstock, mais je crois, – je n’avais pas l’âge d’y être -, que ça débordait beaucoup à cette époque-là. Peut-être trop d’ailleurs parce que, bon, tous les hippies des 70’s occupés à leur peace and love et à leur mai 68 n’ont pas vraiment été au bout de leur monde meilleur, donc finalement, c’est peut-être mieux que rien ne déborde…

Tout ça, ce grand-gros Climax, ça fait du bruit. En tout cas, souvent, c’est espéré. Pendant les concerts ou pour transmettre la nécessité de la transition écologique, on nous incite au cri : « Faites du bruit !!! »
Chacun à sa façon s’y met. Par exemple, la chanteuse mignonnette du groupe L’impératrice « les océans faut les protéger, nous on aime les océans ». Soit. Le gars à côté de moi commente le groupe : Les musiciens, ils assurent, mais elle, elle fait trop sa sirène, elle sert à rien
Les sirènes, à part que ça chante pour vous attirer loin, vers des endroits dont on ne revient pas, ça fait aussi alerte.
Donc, ne leur déplaise, la sirène version alarme, ça ne sert pas à rien. Au contraire.
Et l’Alerte Darwin, c’est demain. On y vient…
Dans les articles de presse au sujet du Festival, revient l’expression que ce Climax serait une étincelle ou une goutte d’eau. C’est-à-dire que ce temps fort, si fort soit-il, et ça en fait des énergies déployées, « on espère et on fait tout pour », aujourd’hui la politique c’est tellement vide, et puis l’inaction et le pessimisme, alors voilà, un climax (comme d’autres initiatives) ça fait seulement des étincelles ou des gouttes d’eau… et c’est déjà ça !
Le principe nouveau – en quelque sorte – du colibri avec un gros son.

Pour finir joyeusement cet étonnement n°2, la phrase true story la plus « transition écologique » du jour

Le gars qui s’est perdu à Darwin :
– Mais c’est quoi vegan ?

À SUIVRE : Edgar Morin & l’Alerte.

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