sans bagage (39)

On nous a dit qu’il ne fallait pas espérer voyager à l’étranger avant un moment.
Ça tombe bien, il y a un endroit où je n’ai pas du tout envie d’aller : La côte des squelettes, au bord du désert de Namibie.

Un livre décrit ce littoral : une côte sableuse envahie de squelettes de baleines, puis de très nombreux naufrages ont ajouté ossements humains et carcasses de bateaux échoués. Avec le temps, les dunes ont grossi, maintenant les épaves se retrouvent au milieu du désert. L’auteur, Chris Fitch, explique que si, par miracle, un navire parvenait à accoster, l’équipage ne pouvait être que pris d’angoisses à la vue des centaines de bateaux ayant connu le même sort. Conditions climatiques extrêmes, soleil de plomb le jour, froid glacial la nuit.
Devenir fou et boire l’eau salée ou se perdre dans les dunes. Pas d’échappatoire.

Pourtant, un peuple de nomades habite là, profitant de ce qui s’échoue pour se nourrir ou se construire des abris : les Dauna Danam, le peuple du bord de mer dans une plaine déserte. (D’un point de vue philosophique, on se sent désormais une lointaine, mais certaine, proximité avec ces peuples coincés dans des territoires hostiles).
L’auteur précise en conclusion de son article qu’aujourd’hui d’immenses panneaux à têtes de morts mettent en garde les touristes.

Mes amis Dauna Danam, vous pouvez enlever les pancartes.
Franchement, on n’a pas du tout l’idée de voyager par là-bas. On n’a aucune intention de prendre un bateau et de s’aventurer « sur les flots brumeux et emplis de mystère de la côte namibienne ». Et même si le désir nous prenait d’une telle expédition, d’aller voir ses coques rouillées envahies de sable et plantées au milieu du désert, de toute façon nous n’avons pas le droit de sortir de chez nous.
Donc, pas la peine de nous faire peur avec vos panneaux de tête de mort, de là où on est, on ne les verra pas.

Dans un autre chapitre, l’auteur décrit les ruches d’une mangrove inhabitable, dans Les Sundarbans, à l’embouchure du delta du Gange. Pour récolter un miel réputé, les villageois y affrontent les abeilles les plus agressives du monde, mais aussi, encore plus dangereux, crocodiles et serpents, racines coupantes et insectes mortels. Et pour finir le tigre du Bengale. Là encore, même amatrice de miel comme je suis, je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout, envie de faire le déplacement.

Mon nouveau guide, à la place du Lonely Planet : Atlas des terres indomptées, édition de La Martinière.
Garanti sans désir de voyage.
Parfait pour les mois qui viennent.

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