dans nos cages (27)

Ce n’est pas toujours facile de rester léger.
Rester chez soi ne veut pas dire qu’on ne voit rien du monde.
On ressent jusqu’ici la gravité des autres vies.
Écrire sur les oiseaux ou écouter des slows n’enlèvent rien à l’épreuve.
Je n’ai même pas réussi à faire de la gymnastique quotidienne.
À part le texte de chronique.
Et chaque soir, ce bref échange étrange et triste avec ma mère. Avec un mot à la place de l’autre, avec cette répétition – on appelle ça l’écholalie – elle redit ce que je viens de dire, ou ces réponses qu’elle tente de construire et elle n’y arrive pas, elle murmure Non. La voix se serre dans la gorge qui se paralyse. Au bout de quelques minutes, elle me dit Je vais te laisser comme si elle avait mille choses à s’occuper. C’est juste que c’est trop compliqué pour elle de parler au téléphone, son cerveau n’y arrive plus.
Je lui dis À demain ?
Maintenant, elle me répond. À demain.
Hier, elle a ajouté Vive le déconfinement !
Quelque chose d’un rire possible. Au lieu des pleurs.

27 jours, et pour être honnête, je n’ai pas fait de progrès en quoi que ce soit.
À part un peu les oiseaux peut-être.




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