fin du polar du week-end (21)

Le quartier là-bas a ce quelque chose des ambiances populaires décrites par Simenon.
Les maisons basses, étroites, avec des jardinets, les rideaux à rayures accrochés aux portes sur la rue, les volets mi-clos, les dames en tablier en train de balayer leur devant de trottoir…
Je ne me suis pas perdue très longtemps : j’ai cherché la voie ferrée et je l’ai traversée dans l’autre sens.
Le vieil homme courbé, lui, a disparu au fond d’une rue.

Le troisième jour, quand je l’ai vu, il était toujours pareil.
Comme une illusion d’optique, un personnage dans un rêve qui reviendrait sans cesse, son caddie qui n’a même pas l’air plein, qu’il tire derrière lui parce qu’il faut bien avoir quelque chose à faire, ou parce qu’il n’a pas de chien à promener.
Est-ce qu’il s’arrête aux voitures pour simplement se reposer ? Ou est-ce qu’il vit dans une autre sorte de confinement, celui d’un monde où pour être rassuré il faut faire les mêmes gestes et les mêmes trajets ?
J’étais en train de le regarder partir cette fois-ci sans me prendre pour un détective privé, quand tout à coup, je remarquai que sa veste de survêtement bleue portait les inscriptions ASPTT.
Association Sportive des Postes, Télégraphes et Téléphone.

Bon sang mais bien sûr !
Un ancien facteur, nostalgique, qui inlassablement continue ses tournées…


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